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1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 15:42

Ce soir allait se tenir un grand spectacle ‘arioi, un ‘upaupa, au fare ‘arioi. Paraita se préparait. Il se badigeonna le corps de monoi parfumé au bois de santal, se ceignit de son plus beau paréo rouge et noir, se coiffa de son couvre chef en coquillage surmonté de plumes rouges et fixa sa cape en plume jaunes. Toute la population pourrait voir ainsi sa grandeur. Il sortit de son fare. Les hommes étaient déjà réunis sur le terrain de réunion et préparait le ‘ava, la boisson sacrée, pendant que des cochons entiers cuisaient dans le four enterré. La nuit tombait et Paraita but de nombreux ‘umete de ‘ava avant de se rendre à l’upaupa. Les tambours et les flûtes se mêlaient pour accompagner des danses fabuleuses et entrecoupées de petites bouffonneries. Paraita et ses amis s’amusaient bien. Paraita remarqua d’ailleurs une jeune fille ‘arioi qui le regardait fixement durant ses danses langoureuses. Les spectateurs furent bientôt invités à danser également. Paraita se dirigea vers la jeune fille ‘arioi et lui frotta le nez en signe d’amitié. Il l’emmena bientôt dans la proche cocoteraie. Ils passèrent la nuit ensemble à côté d’autres couples.

L’intérêt de jouer dans l’univers tahitien réside dans l’exotisme du monde. Cet exotisme se traduira aussi pour les joueurs dans les petits détails de tous les jours: absence de métal, habillement en écorce, la navigation, les fêtes tahitiennes... Vous découvrirez donc ici le mode et le cadre de vie dans lesquels évolueront vos personnages

LES RESSOURCES ALIMENTAIRES

Si les tahitiens sont d'extraordinaires marins, ils sont avant tout ... des agriculteurs! C'est la terre qui est leur principale source de l'alimentation.

Les plantes cultivées sont le taro (une grosse tubercule), l'igname et la patate douce (l’umara). Des arbres semi-cultivés, dont les pousses sont méticuleusement conservées lors des grandes expéditions de colonisation, fournissent la noix de coco, principale source d'eau dans nombre d'atolls coralliens, et l'uru, le fruit de l'arbre à pain, qui se conserve dans de grandes fosses pour les périodes de disette. La pâte faite du fruit de l’arbre à pain est cuite et mélangée avec des fruits (bananes en général) pour constituer le célèbre popoi.

La cueillette fournit également une source d'alimentation importante pour les tahitiens, les bananes de toutes sortes en sont les principaux produits.

Vous trouverez plus de détails sur les plantes de Tahiti dans le chapitre 5 consacré à l’environnement tahitien.

La mer fournit la deuxième source d'alimentation. La pêche la plus répandue est la pêche en lagon mais la pêche hauturière est également pratiquée. Le Pacifique regorge de poissons que les tahitiens connaissent bien et savent pêcher. Là où coulent des rivières, la pêche en eau douce peut fournir un complément. Les coquillages sont également ramassés et consommés.

L'alimentation carnée est plutôt rare, les seuls animaux comestibles sont le porc, le chien, le poulet et le rat.

A part la gent ailée, le gibier est peu abondant dans les îles, il se limite à quelques cochons retournés à l'état sauvage. Les oiseaux sont nombreux, mais les tahitiens les chassent essentiellement pour leurs plumes.

Le principal mode de cuisson des tahitiens est le four enterré, l’ahima’a. Un grand feu fait chauffer des pierres à blanc qui sont placées dans une fosse. On y met ensuite des aliments qui sont séparés et enroulés dans des feuilles de pandanus ou de bananier. On recouvre ensuite les aliments ainsi protégés de pierres chauffées à blanc, de sable ou de terre. On laisse cuire plusieurs heures (voire plusieurs jours pour les ‘uru). Cette cuisson donne du fondant aux aliments et les rend délicieux.

Un autre mode de cuisson est parfois utilisé par les pêcheurs. Ils grillent leurs poissons sur des morceaux de corail chauffés à blanc.

Les tahitiens mangent avec leurs doigts et se servent de grandes feuilles comme plat ou comme assiette. Il existe également pour les liquides ou pour certains mets des récipients (appelés ‘umete) faits en pierre, en bois ou dans une noix de coco. Les hommes ne peuvent manger avec les femmes du fait d’un tabou. Le repas est pris à l’extérieur ou dans des fare dévolus à cette occupation. On ne dort pas dans la case où l’on mange, c’est également tabou.

LE COSTUME

Les tahitiens ne connaissent pas le tissu, ils utilisent l’écorce de certains arbres pour confectionner une étoffe blanche ou brune, le tapa. L’écorce est mouillée puis battue et aplatie avec un battoir. Ce travail est la plupart du temps réservé aux femmes et se fait dans des maisons reservées à cet usage.

L'habit le plus courant est un petit pagne (maro en tahitien) que les maohis portent pour travailler. Le célèbre paréo (pareu en tahitien) a environ deux mètres de long et s'enroule autour de la taille pour venir s'attacher sur le côté, il tombe en général jusqu'au mollet. Les maohis se vêtent également de ponchos (tiputa) et d’écharpes (ahufara).

 

 

Les habits de cérémonie sont confectionnés en tapa blanc provenant de l'écorce de l'arbre à pain (‘uru), du pandanus (fara) ou du mûrier à papier (aute). Le tapa des vêtements ordinaires est fait à partir du banyan (aoa) ou du mûrier (aute). Les tapas sont souvent ornés de motifs artistiques en teinture noire, rouge ou violette.

Les habits de cérémonie comportent également de nombreux accessoires “de mode” comme les capes en tapa ou en plumes. Les valets des ari'i, par exemple, portent une cape de plumes noires.

La coiffure et les bijoux ont une grande importance. Si les manahune se contentent pour se faire beau de monoi ou d’une plume, les ari’i élaborent des coiffures compliquées et des couvre-chefs couverts de plumes multicolores. Coquillages, plumes et fleurs se mêlent dans ces élaborations.

Certaines fonctions réclament également un habillement particulier. L’ari’i maro ‘ura par exemple porte une ceinture rouge, insigne de son pouvoir. Cette ceinture est jaune à Pora Pora.

LES HUILES ET PARFUMS

Les tahitiens aiment les huiles parfumées, le monoi, dont ils s´enduisent le corps ou les cheveux à certaines occasions. Le monoi est la plupart du temps de l’huile de coco dans laquelle on fait macérer des fleurs ou du bois de santal.

LE TATOUAGE

Le tatouage est une parure très importante pour le tahitien. Il est généralement réservé aux seuls ari’i et arioi. Les tatouages ont des significations mystérieuses et représentent souvent la personnalité et le rang de celui qui les porte. Les tatoueurs sont très respectés et on fait venir des tatoueurs célèbres de très loin quand il s´agit de tatouer une personne d´importance.

Les tahitiens se font tatouer lorsqu´ils sont considérés comme des hommes. Au fil des ans, de nouveaux tatouages viennent compléter les anciens. Chaque île a ses propres motifs récurrents et ses symboliques. A Tahiti, les tatouages peuvent être figuratifs (plantes, animaux...) ou géométriques.

Les membres des sociétés ´arioi se font également tatouer, mais leurs tatouages sont différents de ceux des ari’i. D´après le tatouage d´un ´arioi, on peut connaître son rang dans la société (voir le chapitre sur les classes sociales).

A Tahiti, les tatouages peuvent couvrir les membres, le torse, l’abdomen et le dos, mais jamais la tête.

ARTS ET ARTISANATS

Etre habile dans un art est preuve d'un grand mana. Les artisans sont donc dotés d'un grand prestige. Comme les prêtres et les médecins, les artisans portent le nom de spécialistes (tahu’a). Ils bénéficient aussi d’une partie de la considération attachée à ces professions.

Les artisans les plus courants dans la société tahitienne sont: les sculpteurs, les fabricants de case, les orneurs de tapa, les constructeurs de marae, les tatoueurs et les constructeurs de bateaux. Ces derniers sont auréolés d’un prestige encore supérieur aux autres. La fabrication des objets de tous les jours, cordes et tapas par exemple, ne fait pas partie du travail des artisans, c’est le domaine des femmes.

Les matériaux et les outils à la disposition des artisans sont peu nombreux et limités : il n'y a pas de métal à Tahiti. Les végétaux et les animaux amènent la majeure partie des matériaux. La panoplie d’outils se composent de haches, d’herminettes, de couteaux et de dents de requins.

Les différents bois remplissent un grand nombre de fonctions: construire les cases, les bateaux, les armes, les statues des dieux, le mobilier... De leur écorce, on fabrique le tapa, l'étoffe des maohis, et les cordes. Plusieurs de ces arbres revêtent une importance fondamentale pour les artisans :

- le pandanus (fara) et le mûrier (aute), dont on tire le tapa. Les feuilles du fara sont sechées et tressées pour la fabrication des voiles.

- le cocotier, seul arbre dans les îles coralliennes, qui donne, en plus de la nourriture et de l'eau, du bois pour le mobilier, des feuilles pour les toits et des fibres pour les cordes

- le bois de fer (aito) est un bois très dur utilisé pour la fabrication des outils et des armes.

- les branches du Bourao (purau) permettent de fabriquer des cordes solides.

Les cheveux humains sont utilisés dans les cordes et les vêtements.

Les os et les dents des humains ou des animaux servent pour les hameçons, les pointes de lances et de flêches, les amulettes (ti’i), les bijoux...

Les plumes sont très prisées et décorent les couvre-chef et les statues divines. Les plumes rouges, la couleur sacrée, sont les plus recherchées et peuvent servir de monnaie d’échange à certaines occasions.

La pierre est utilisée pour les marae, les statues de toute taille, les lames de haches et de herminettes et divers objets de la vie quotidienne..

Les colorants disponibles sont le noir, le jaune, le violet, le brun et le rouge. A Mangaia (très au sud de Tahiti), le rouge est la couleur divine donc celle des Ariki. Mais même eux n'ont pas le droit de se présenter sur un Marae avec du rouge sous peine de mort. On retrouve une rémanence de cette coutume à Tahiti, où le sang ne doit pas être versé sur le marae.

Les motifs décoratifs de Tahiti se caractérisent par une certaine simplicité : les outils, les objets quotidiens, les armes sont peu ornées Les statues recevant les dieux (to’o) sont même souvent non figuratives (un tronc d’arbre creux, un entrelacs de cordelettes). C’est dans la confection des tapas et dans les tatouages que femmes et artisans laissent le plus libre cours à leur inspiration.

Les arts oratoires recouvrent une importance énorme dans le prestige et les négociations. Tout bon ari’i qui se respecte se doit d'être un bon orateur et si possible d’exceller dans des arts comme la poésie, la déclamation des généalogies ou la rhétorique. Les tahitiens adorent parler avec emphase, convaincre et faire de bons mots. Certains sont mêmes des orateurs professionnels (‘orero et rau-ti).

Le chant, la musique et la danse sont généralement pratiqués collectivement et sont très présents dans la vie des tahitiens. La flûte (vivo), les conques (pu) et les tambours (toere entièrement en bois et pahu, recouvert d’une peau de requin) sont les instruments de musique par excellence. Les pahu (et les pu dans une moindre mesure) servent également à véhiculer des messages officiels: sacrifices, cérémonies, guerre ou autre événement extraordinaire...

Les ‘arioi sont des artistes professionnels, mais des chapitres leur sont entièrement consacrés par ailleurs.

L'HABITAT

Les maisons, les fare en tahitien, sont en bois avec un toit en feuilles de cocotier ou de pandanus. Le fare d’habitation contient une cellule familiale plus ou moins étendue. Il est de taille modeste. Chaque fare a une fonction propre: un fare pour dormir et un fare pour manger. Il existe également des fare collectifs pour le battage du tapa, pour les bains de vapeur ou pour les spectacles ‘arioi.

Les fare des ari´i sont plus spacieux et souvent légèrement en hauteur ; un dallage s’étend parfois en façade. Ils ne peuvent cependant guère être considérés comme des palais. Les plus grands bâtiments du village sont les différents hangars à bateaux et les fare ‘arioi qui servent à recevoir les arioi quand ceux-ci rendent visite au mataiena´a.

Tous les fare ne comportent qu’une seule pièce et ils n’ont pas de séparation intérieure.

Le mobilier est assez sommaire: il se compose d’appui-nuque en bois, de sièges bas, de paniers à nourriture et de grandes nattes de tapa.

LES FÊTES

Les fêtes chez les tahitiens ne sont pas rares (c'est un oephémisme !): elles peuvent être religieuses, cérémoniales, accompagner un moment important de la vie d'un ari’i régnant, célébrer l'arrivée d'étrangers ou des ‘arioi ou encore fêter une victoire militaire. De surcroît, un mois entier est consacré chaque année aux jeux et aux fêtes, c’est le mois du heiva.

Les fêtes sont l’occasion de montrer son savoir vivre : on y fait grande ripaille, on y pratique chants et danses collectives, on s’y adonne à des concours de jeux d’adresse et de force.

Si la fête a une quelconque signification religieuse (dans 90% des cas), on y boit le 'ava, boisson excitante à base d'une racine d’un arbre du même nom.

Lors des fêtes ‘arioi, ceux-ci font montre de leurs talents artistiques et oratoires. Ils présentent des spectacles où tout leur est permis, même de se moquer des ari'i. Des représentations de danse, de comédie, de poésie et de farce sont exécutées devant l’auditoire. Ces fêtes se terminent généralement en orgie et en débauche, certainement en l’honneur de la fertilité que représentent les ‘arioi.

Le peu de moyen de conservations des aliments en particulier carnés oblige les tahitiens à en consommer beaucoup quand ils le font, ce qui explique, outre le savoir vivre en collectivité, la gloutonnerie montrée lors des fêtes.

LES JEUX

Voici quelques jeux pratiqués par adultes et enfants:

- le surf est le roi des jeux. Surtout réservé aux ari’i, il est pratiqué partout où les vagues conviennent.

- le jeu de ficelles consiste à créer des figures avec une simple ficelle dont les extrémités sont attachées aux doigts. Les figurent représentent parfois des épisodes ou des personnages mythiques.

- petits et grands s’adonnent au jeu de toupies

- la lutte, la boxe et le jeu de crosse (sorte de Hockey très violent) sont des jeux très pratiqués lors du heiva. Les champions des districts ou des mataiena’a s’y affrontent pour l’honneur.

- le tir à l’arc est un jeu sacré pratiqué par les ari’i. Des esplanades y sont spécialement consacrés. Le but du jeu est d’envoyer la flèche le plus loin possible.

Un mois entier de l’année est réservé aux amusements de toutes sortes, c’est le heiva. Les combats de lutte et de boxe s’y enchaînent avec ceux de soule ou de combat de coqs. Femmes et hommes y participent. Ils rivalisent également dans les danses et les chants.

LES VOYAGES

Les maohis furent les maîtres de l´océan Pacifique et cela grâce à leur maîtrise de la navigation. Des milliers de kilomètres séparent les îles du triangle maohi. Pourtant entre les 11 000 kilomètres qui séparent Aotearoa et Hawaï, et ceux qui séparent Hawaï de Rapa-Nui, il y a une seule et même civilisation. Les tahitiens en font partie et disposent donc d’une grande maîtrise de la mer.

Des contacts soutenus se sont établis entre des archipels très lointains. Pour une raison inconnue, ces liens se sont distendus et chaque archipel s´est replié sur lui-même. Cependant de nombreux européens ayant pris des maohis à bord s´étonnèrent de leur capacité de navigation et de leur connaissance de l´océan Pacifique. Les traditions orales s´étaient perpétuées et les marins maohis continuaient à se repérer au large grâce aux vents, aux étoiles, aux oiseaux, au sens des vagues et à l´odeur des courants.

Les voyages entre archipels se font dans de grands voiliers à deux coques qui peuvent atteindre trente mètres. Quand le but de l´expédition est de coloniser des terres inconnues, les maohis emmènent dans leurs embarcations les pousses de toutes les plantes indispensables à leur vie (cocotier, pandanus, mûrier, arbre à pain...) et tous les animaux qui serviront à la nourriture durant le voyage et qui, surtout, se reproduiront sur les nouvelles terres. Ces animaux indispensables sont le cochon, le chien, le coq et aussi le rat.

Quand il s´agit de relier deux destinations connues, moins de précautions sont prises. Cependant, le bateau comporte toujours un espace faisant office de marae lorsqu´il s´agit d´expéditions lointaines.

Si les voyages entre archipels sont devenus rares, il n´en est pas de même pour les voyages à l´intérieur d´un même archipel. Ainsi, sur des bateaux plus petits, ari’i et ‘arioi parcourent fréquemment les distances séparant Tahiti, Havai’i, Pora Pora et les Paumotu. Ces voyages dépassent rarement 400 kilomètres.

LES BATEAUX

Le principal instrument de la conquête de l´océan par les polynésiens fut sans doute leurs bateaux. Or, fait particulièrement étonnant, ils sont construits sans clou. En effet, les polynésiens ne connaissent pas le métal. Autre fait remarquable, les polynésiens sont les inventeurs du catamaran, ces bateaux à deux coques, très stables sur l´océan.

Les petits bateaux côtiers qui servaient à la pêche et aux courts déplacements ont en général une seule coque et un balancier. Ils sont souvent taillés dans un seul tronc et se propulsent à l´aide de la pagaie. Mais une voile peut être installée, en particulier la voile triangulaire et pointée en bas commune aux civilisations de la pirogue à balancier.

Les bateaux plus grands sont faits de planches cousues entre elles et calfatées avec de la sève et de la bourre de coco. Une armature vient soutenir l´ensemble. Ces bateaux se meuvent à la fois à la rame et à la voile et comportent deux coques. Les voiles sont faites de feuilles de pandanus tressées.

Pour les catamarans les plus grands, comme les navires de guerre ou d´exploration qui peuvent atteindre jusque 30 mètres, une plateforme relie les deux coques. Elle comporte la plupart du temps un abri et un lieu de culte.

Les bateaux de guerre sont dotés de proues sculptées qui peuvent surplomber l´onde de plus de dix mètres. C´est une flotte de 160 de ces bateaux que rencontra Cook lors de l´un de ces passages à Tahiti.

Les grands bateaux d´expédition ne sont pas très pratiques pour la navigation côtière et sont entreposés dans des hangars quand ils ne servent pas. A l´arrivée des européens, plus un seul de ces catamarans n’est encore en service. On leur attribue par vent favorable une vitesse de près de 200 kilomètres par jour, ce qui est considérable.

D´autres bateaux de taille imposante sont spécifiquement consacrés à des cérémonies religieuses durant lesquelles on fait voyager les statues investies de la présence d´un dieu. Ces catamarans sont entreposés dans des hangars spéciaux à proximité d´un marae.

Là où il y a des rivières ou des lacs, les tahitiens construisent des pirogues sans balancier en bois et surtout des radeaux en jonc.

LA GUERRE

L’origine des guerres est soit d’ordre politique, soit des vengeances pour des méfaits commis par l’adversaire. Elles sont menées à la fois sur mer et sur terre.

Les prémisces d’une guerre sont précédés de nombreuses cérémonies et de recherches de présages. On attaque que si les signes des dieux sont favorables. Dans le cas contraire, il arrive qu’une des parties demande une armistice avant le début même des combats.

Certains guerriers ont le titre de toa qui leur confère un certain prestige. Ils sont considérés alors comme guerriers professionnels. Certains d’entre eux ont le statut de Fau et ils ont l’honneur de porter un énorme casque appelé Fau, faisant d’eux des cibles priviligiées des guerriers adverses.

Les batailles se déroulent souvent sur des champs de bataille préétablis. L’isthme de Taravao à Tahiti est connu pour être un lieu de rendez vous entre armées. Les batailles commencent par des échanges d’insultes et des joutes orales entre ‘orero. Ensuite des défis singuliers entre guerriers reconnus se déroulent.

Une des parties finit par s’énerver et attaque. Les partcipants à la bataille tente de s’emparer du corps de la première victime du combat pour lui faire subir le rite du ficelage. Ce rite maudit toute la famille de la victime en la condamnant à la stérilité. Parfois, des femmes tentent de récupérer les morts de leur famille au milieu du combat pour empêcher qu’ils tombent aux mains de l’adversaire et qu’ils subissent le ficelage.

Les prêtres réalisent de nombreuses prières pendant la bataille et tous les présages ou les signes sont observés par les combattants. De mauvais signes peuvent démoraliser ou faire fuire une des parties.

Les Rau-Ti sont chargés d’exciter les combattants. Habillés de feuilles de ti et armés d’un dard de raie, ils se déplacent comme possédés au milieu du combat. Parfois, ils récupèrent des morts du camp adverse et leur trouent les intestins avec une serpe. Ils passent ensuite la tête dans le ventre du défunt et dansent avec le corps qui se balance de tout côté. Ils cherchent ainsi à rendre furieux l’adversaire.

Les guerriers s’évertuent à faire montre de leur courage et de leur mana, mais la fuite peut être considérée comme une attitude intelligente et digne.

La guerre peut se terminer par une armistice, un camp reconnaissant les revendications de l’autre (supériorité d’un ari’i sur un autre, conflit territorial) ou les deux camps décident de ne pas poursuivre le combat. Par contre, lorsque la guerre ne connaît pas de trève, le camp des vainqueurs cherche à anéantir l’autre. Les femmes, les vieillards et les enfants qui n’ont pu gagner la montagne sont massacrés, les arbres coupés, les to’o déplumés et ridiculisés. Le seul répit est la fuite vers le pa ou dans d’autres contrées.

Les armes de la bataille les plus courantes sont les très grandes lances appelées toa. Les manahune et les frondeurs d’élite utilisent les frondes ou jettent simplement des pierres. Les armes personnelles des guerriers ra’atira ou ari’i sont la lance courte (to’oto’o) ou la massue (‘omore). La massue est parfois attachée à une cordelette de un mètre environ et est projetée sur l’adversaire puis rattrapée.

Les armes en bois sont parfois incrustées de toute sorte d´artifices pour en augmenter les dégâts: poison, dents de requins, arêtes de poisson, os, etc... D´autres armes que la lance sont utilisées par certains guerriers comme la hache, la fronde, les pierres, le dard de raie ou la serpe en dents de requin.

LES OBJETS DE VALEURS

La richesse est fonction de la possession de terres et de différents objets et animaux. La propriété est en général familiale. Les étoffes, les tresses, les plumes et les cochons sont des objets qui jouissent d’une grande faveur. Les ari’i conservent de grands rouleaux de tapa qui montrent leur richesse.

Ces richesses ne sont pas l’objet d’un commerce à proprement parler. La plupart des échanges se font plutôt par le système des cadeaux. L’échange de cadeaux est très répandu, les voyageurs en particulier doivent offrir à leurs hôtes des cadeaux qui impliquent des contre-cadeaux. La valeur des cadeaux à donner dépend en partie du rang social des personnes qui s’échangent les cadeaux.

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Published by Arii Stef - dans Légendes Tahitiennes
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