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1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 15:39

Paraita et ses guerriers venaient de faire fuire leurs ennemis de la chefferie voisine de Tiarei. Avec grande satisfaction, Paraita se regarda dans les eaux du petit lac de Vinitea. Il contemplait sa grande taille, son teint clair et ses nombreux tatouages. Il avait fière allure. Il se glorifiait d’être un ari’i, un descendant de la femme Hina-nui-faahara-ma’au et du dieu Ro’o. Ses compagnons plébéiens avaient la peau plus noire et il surpassait le plus grand d’entre eux d’au moins une demi-tête. Ils étaient des Manahune, des fils de Ti’i, le premier homme et de Hina, la première femme; aucun sang divin ne coulait donc dans leur veine. Les deux porteurs de Paraita le prirent sur leurs épaules. Eux avaient à la fois du sang ari’i et du sang manahune, ils étaient donc Ra’atira et avaient l’immense honneur de porter Paraita quand celui-ci se déplaçait. De sa hauteur, Paraita contempla les prisonniers qu’il avait fait. Il se dit qu’ils avaient beaucoup de chance que Ro’o, son dieu protecteur, n’acceptât pas les sacrifices humains. De nombreux autres dieux se seraient repus de ces prisonniers. Ils deviendraient les esclaves des vainqueurs. Ils seraient des Titi.

La vision classique des îles du Pacifique Sud véhicule l’image d'une vie paradisiaque libérée de toute contrainte morale et matérielle. La réalité diffère quelque peu de ce mythe : la vie, voire la survie, est particulièrement difficile à assurer. Les îles coralliennes par exemple connaissent des ressources alimentaires disponibles en quantité limitée. La société tahitienne est assez rigide et si la liberté sexuelle qui a frappé les premiers explorateurs est bien réelle, le poids des Dieux et des princes se fait sentir. Mais la Polynésie est aussi un monde fascinant d'explorations, de beauté et de magies où les pouvoirs surnaturels côtoient et menacent les hommes. Voici donc une description de l'environnement social dans lequel vos personnages de Légendes vont vivre.

La société des maohis est caractérisée par sa hiérarchisation. De multiples catégories et divisions positionnent les Hommes par rapport aux autres: les classes, le sexe, la famille et les divisions politiques sont les principaux éléments qui permettent au Maohi de se situer dans le groupe.

LES CLASSES

La société maohie est une société de classes. Leur nombre varie selon la finesse des classements effectués mais de grands principes existent. Des chefs héréditaires, les ari'i, dominent une classe laborieuse, les manahune, avec l'appui des prêtres, les tahu'a, et le soutien des petits nobles, les ra'atira. C'est la naissance et non les compétences qui déterminent avant tout le rang d'une personne. Cependant, les artisans (ou spécialistes), quelque soit leur caste, bénéficient d’une considération particulière. A côté de ce schéma rigide existe une société de baladins, les 'arioi, à la quelle on peut appartenir indifféremment du rang social.

LES CHEFS : LES ARI'I

Les ari'i (chefs, nobles ou princes) dominent la société, ils tirent leur prestige et leur légitimité de leur généalogie qui remonte jusqu'aux Dieux. Des conflits entre chefs se terminent parfois simplement quand le héraut d'un chef montre à l'autre que son chef est de plus haute lignée. L'essence divine des chefs les différencie tellement du reste de la société que, dans les mythes maohis, la genèse des chefs est différente de celle du commun des mortels : les ari’i descendent directement des dieux !

La classe des chefs n'est elle-même pas homogène. Le rang d’aînesse et le prestige du lignage de chaque famille insinuent de nombreuses différenciations entre les membres de la classe noble. On appelle les ari'i régnants et leur famille directe les ari'i maro 'ura (ari'i à la ceinture rouge), la ceinture rouge étant l'insigne de la royauté. Les ari'i ri'i constituent le reste de la classe des ari'i. Les ari’i maro’ura règnent sur un ou plusieurs mataiena’a (vallées).

Les ari'i sont tellement sacrés (ra’a) que leur contact avec des choses non sacrées (noa) peut être dangereux. Le degré de sacralisation de l’ari’i maro’ura est poussé. On brûle les maisons non consacrées où l'ari'i régnant a séjourné car elles deviennent sacrées donc interdites (tabous) pour le peuple ou les nobles inférieurs. Les rois disposent ainsi dans chaque village de leur domaine des maisons leur étant réservées.

Cette différenciation entre ari'i et gens du peuple se traduit également dans le langage. Les mots à utiliser quand on s’adresse à un ari'i peuvent être très différents de celle qu’on utilise envers un plébéien.

Voici quelques exemples de tabous liés à la personne royale:

- le nom d’un ari’i maro’ura est tapu dans son domaine. Cela signifie que si le roi s’appelle “grand bateau” (va’a nui), il devient interdit de prononcer le mot va’a et il faut lui trouver un autre correspondant dans la langue commune.

- On ne salue pas l’ari’i maro ‘ura en disant “Ia Ora !”, comme à tout le monde. On lui dit “Maeva !”.

- L’ari’i maro’ura doit le moins souvent possible touché des terres noa. Ils se déplacent donc sur les épaules de porteurs professionnels.

La classe des chefs est aussi une classe de guerriers et les membres des branches cadettes et les frères puînés du souverain (quand ils ne sont pas prêtres) servent souvent de troupe d'élite. La plupart des prêtres et des chefs ‘arioi sont issus de la classe des ari'i. Le grand prêtre d’un royaume, le tahu'a rahi, et le chef ‘arioi d’une île ont presqu’autant de pouvoir que le roi.

LA PETITE NOBLESSE: LES RA'ATIRA

Les ari'i sont relayés par une classe intermédiaire qui gère les affaires courantes qui ne sont pas de la dignité d'un chef. Cette classe est aussi une classe de propriétaires terriens qui travaillent ou font travailler leur terre. Ces petits nobles servent de troupes lors des conflits. Ce sont les ra'atira.

C'est également parmi les ra'atira que sont recrutés les serviteurs "d'élite" des ari'i: orateurs, généalogistes, porteurs et même valets de confiance.

LES PRETRES ET LES ARTISANS: LES TAHU’A

Le rapport existant entre un prêtre et un artisan ne saute pas aux yeux: pour les maohis, ce rapport est évident. Ils sont des spécialistes dans leur domaine: pour les prêtres celui des connaissances mythiques, des prières et des invocations, pour les artisans celui de leur artisanat. En outre, les chefs-artisans sont investis d’un rôle religieux: ils se doivent de connaître les prières et les bénédictions nécessaires à leur activité et font respecter les tabous inhérents à leur métier.

Les prêtres sont en général issus de la classe des ari'i. Ils ont un pouvoir immense car ils calment la colère des dieux et amènent les bénédictions. Concrètement ils édictent les tabous, décident des sacrifices (en particulier humains) et peuvent lancer des malédictions qui se traduisent souvent par la mort.

En dehors des marae (temples) de notoriété "internationale", le culte n'est pas dirigé vers un seul Dieu et les prêtres sont rarement consacrés à un Dieu particulier.

L'accès à la prêtrise demande une longue initiation. Cette initiation consiste en l'apprentissage des mythes, des prières et des généalogies qui doivent pouvoir être récités par coeur pour accéder au rang de tahu'a pure. On appelle d'ailleurs les apprentis prêtres des haere te po (qui marche la nuit) car on les voit souvent la nuit arpenter les environs des marae, récitant des généalogies ou des mythes afin de les mémoriser. Selon leurs connaissances et leur rang de naissance, les tahu'a pure sont ensuite classés dans un système hiérarchisé.

Les prêtres disposent d'assistants qui peuvent être recrutés dans les classes inférieures. L'exemple le plus significatif est celui des Opu-Nui, choisis pour la noirceur de leur peau et qui sont chargés du nettoyage des marae. Les opu-nui ont l'insigne avantage de ne pouvoir être les cibles des sacrifices humains car ils sont sous la protection de la déesse Hina.

Les prêtres sont si sacrés qu'ils sont soumis à un grand nombre de tabous afin d'éviter qu'ils soient au contact de choses non-sacrées.

Etre artisan montre qu'on est favorisé des Dieux, qu'on a des dons, c'est un signe de Mana. Les artisanats les plus vénérés sont pour les tahitiens le tatouage et la construction de bateaux. Les sages sont considérés comme des artisans, ils sont les spécialistes des sciences et de la tradition. Leur rôle est de conserver et d’enseigner la connaissance. Chaque vallée a son école ou les sages apprennent aux jeunes ari’i le savoir des maohis.

Les chamanes (orou) reçoivent souvent une considération égale à celle dont jouissent les artisans. Ils traitent avec tous les petits dieux et esprits dont les prêtres ne s’occupent pas. Ils sont généralement attachés à un marae et peuvent s’occuper des exorcismes et des envoûtements. Les sorciers sont des orou qui utilisent leurs pouvoirs à mauvais escient et à des fins personnels.

LE PEUPLE: LES MANAHUNE

Les gens du peuple (manahune) ne sont ni des esclaves, ni des serfs. Ils n'appartiennent pas à leur seigneur. Ils jouissent d'une certaine liberté et certaines familles possèdent des terres. Les tabous sont là pour le bien de la communauté: ils évitent la colère des dieux et le contact entre ce qui est noa (profane) et ce qui est ra’a (sacré). Le ra’a peut amener mort et maladie au peuple, noa de nature. Les manahune composent la masse des pêcheurs, des serviteurs et des agriculteurs.

LES ESCLAVES: LES TITI

Les esclaves sont en général des prisonniers de guerre. S'ils ne servent pas dans les suites immédiates du conflit à alimenter les besoins en sacrifices humains, ils sont bien traités et leur statut correspond à celui des manahune. Leurs enfants sont adoptés par la communauté et ne sont plus considérés comme esclaves.

LES 'ARIOI

Les 'Arioi sont des conteurs, des danseurs, des bouffons et des baladins tatoués et errants. On leur prête le pouvoir d'améliorer la fécondité et la fertilité. Leur arrivée dans une vallée - à partir de fin novembre - signifiait le retour de l'abondance.

Dans chaque district, un grand fare leur est réservé. Ils y sont nourris par la population dont ils peuvent tout exiger. Ils présentent leur spectacle, les upaupa. Tout leur y est permis, même de railler les ari´i. Lors de ces spectacles, les arioi de bas rang se couvrent le corps de noir avec du charbon de bois et le visage de rouge.

Les arioi ont la plus totale liberté sexuelle mais ils n´ont pas le droit d´enfanter. Leurs enfants sont donc tués à la naissance. Ils ont le droit de se marier et deviennent alors des maris (ou des femmes) très jaloux (ses). La règle de l’infanticide ne s’applique pas aux dirigeants.

Les ‘arioi sont bien plus qu'une bande de bardes errants et dépravés: ils se trouvent sous la protection du dieu ’oro, dieu de la guerre, et ils en véhiculent le culte. Ils peuvent d´ailleurs parfois faire la guerre. Selon la légende, les ’arioi sont un cadeau de ’oro à ses deux frères ‘urutetefa et ‘orotetefa, les patrons de la secte. Ce culte originaire de Havai’i était en passe, à l'arrivée des européens, de supplanter celui de tous les autres dieux dans l’archipel maohi.

La société des 'arioi était au départ ouverte aux seuls ari’i puis aux élèves baladins les plus doués indifféremment des classes. Elle a évolué en une société à huit grades dont les grades supérieurs sont réservés aux nobles, les Ari'i. Le centre de la secte se situe à Opoa dans l´île de Havai´i. Il existe également un chef ‘arioi pour chaque île. Les ‘arioi se regroupent à Opoa à partir de mai puis se déplacent pour donner leurs spectacles à partir de novembre au moment du mûrissement de l’uru.

Les membres sont recrutés dans toutes les classes de la société quelque soit leur sexe et passent pour cela une sorte d´examen où ils doivent entrer en transe (état nevaneva) et faire preuve de leur talent artistique et oratoire. Il faut montrer sa valeur pour atteindre les degrés suivants. Il y a huit degrés auxquels se rajoutent les statuts d´apprenti et d´arioi fixe. Les arioi fixes préparent l´arrivée des arioi dans un district et organisent leur visite. Chaque degré a ses propres tatouages qui se superposent sur les tatouages précédents et qui différent de ceux des ari´i.

Voici les différents rangs:

Les poo sont les novices, ils sont acceptés s’ils sont pris d’un état nevaneva et s’ils ont font montre d’un talent de comédien.

Après leur initiation et une fête tenue par leurs parents, les poo deviennent membres du premier rang, le Taru-tatu (en maohi: épine pointue). Les tatouages de ce rang sont des petites marques dans le creux des genoux. Les jeunes arioi s´ornent alors de feuilles de barringtonia rouges et jaunes.

Le deuxième rang s´appelle ohe-mara (en maohi: tambour mur). Leur tatouage distinctif est un cercle autour de la cheville.

Le troisième rang s´appelle atoro (en maohi: rayure). Leur tatouage est une ligne sur le flanc gauche. Ils ajoutent à leurs vêtements des feuilles de fei jaunes.

Le quatrième ordre s´appelle hua (en maohi: petit) et leur tatouage distinctif se compose de deux et trois points sur chaque épaule. Ils portent une ceinture de fibre de coco au-dessus de leur maro et une coiffe de feuilles.

Le cinquième rang est le rang otiore (en maohi: inachevé). Leur tatouage spécifique couvre les mains, les bras et les épaules. Ils portent des guirlandes et des couronnes faites d´une liane jaune, le tainoa.

Le sixième rang, le taputu (en maohi: entassé) a un tatouage fait de courbes et de lignes droites partant du bas du dos jusqu´au milieu du dos. Ils portent les mêmes ornements que les otiore mais faits avec des feuilles d´opuhi (gingembre).

Le septième rang s´appelle harotea (en maohi: dessin léger). Une croix est tatouée de leurs aisselles jusqu´au devant de leur ventre. Ils portent des ornements similaires aux taputu mais faits de feuilles de Ti.

Le huitième rang est celui des arioi maro´ura (en maohi: arioi à la ceinture rouge ou arioi royaux). Leurs jambes sont tatouées et portent des imitations burlesques de vêtements royaux. Leur nombre est limité et ils ne sortent que du rang des ari´i.

Les arioi fau fenua sont des arioi retirés.

Les arioi fanaunau sont des arioi qui ont été exclus. Honte à eux !

Les arioi papa-tea (en maohi: corps clair) organisent la venue des arioi dans leurs districts.

Aux Paumotu, le principe de la secte de baladins existe également. Ils sont appelés Karioi. Les karioi ont un rôle moins religieux et constituent un passage obligé de beaucoup de jeunes gens. On ne reste d’ailleurs Karioi que dans la jeunesse.

LE SEXE

Une autre division fondamentale de la société tahitienne se situe entre hommes et femmes. Les femmes sont considérées comme inférieures et leur sont réservées les tâches pénibles de l'agriculture et de la fabrication du tapa. Elles n'ont pas le droit de participer aux cérémonies religieuses sauf dans de rares exceptions. Leur présence souillerait le marae. Elles ne peuvent boire le 'ava, la boisson sacrée. Elles ne participent pas non plus à la pêche hauturière. Les femmes ne prennent pas leur repas avec les hommes et certaines nourritures leur sont interdites.

Cependant les femmes des classes ari'i sont les égales des hommes et peuvent accéder au pouvoir comme eux. Elles participent même, si elles le désirent, aux combats. L'histoire des archipels est parsemée de reines guerrières.

LA FAMILLE

La famille tahitienne ne correspond pas seulement à la famille comme on l'entend en Occident. La conception de la famille est beaucoup plus étendue. Elle comprend toute les personnes qui sont apparentées de près ou de loin. Le don d'enfants dans une même famille est par exemple très répandu. La terre est une possession familiale légitimée par la présence d'un marae familial. La famille a souvent un dieu ou un ancêtre protecteur qu'elle vénère. La famille étendue est l'unité de base de la société tahitienne.

L´APPARTENANCE TERRITORIALE

Dans les îles hautes, la division politique de base est très souvent la vallée. Un ari'i domine une vallée et les conflits ou les querelles se font d´une vallée à une autre. Ces divisions territoriales sont appelées mataiena’a. Dans les îles coralliennes, un chef règne la plupart du temps sur toute une île.

Parfois des confédérations de mataiena’a se forment et se combattent les unes les autres aboutissant au règne d´un seul roi. Cela s´est fait très tardivement à Tahiti (après l’arrivée des européens).

LES MOEURS DES TAHITIENS

Il est peu aisé de parler des moeurs des tahitiens anciens par manque de témoignages fiables. En effet, ils ont été décrits par les missionnaires qui ne les comprenaient que partiellement. Ils se sont surtout apesanti sur leurs défauts du point de vue chrétien, afin de montrer les bienfaits de leur conversion au christianisme. On peut cependant en tirer quelques éléments d’après ces descriptions et les moeurs actuelles dans les îles.

Religiosité

Les tahitiens sont tout d’abord très religieux et accordent une grande importance aux tabous. Les dieux, les esprits et tout ce qui est ra’a influent la vie sur terre et en mer de façon constante et inspirent la terreur. Le respect des tabous, la magie, le culte sert à se protéger et parfois à utiliser ces pouvoirs à ses propres fins. Un personnage sans respect pour les tabous est bien plus dangereux qu’un voleur ou même un assassin car il met en danger toute la communauté en courrouçant esprits et dieux et en polluant les êtres noa. Les dieux doivent cependant répondre aux demandes de leurs fidèles, les maohis n’hésitent pas à abandonner le culte d’un dieu et à déplumer son to’o si celui-ci semble impuissant à satisfaire les désirs de la communauté.

La Mort et la morale

Donner la mort ne pose généralement aux tahitiens aucune difficulté d’ordre moral. Les maohis aiment la guerre qui a rang d’institution. Les enfants, cependant, s’ils ne sont pas tués à la naissance, sont sacrés et adulés. Pratiquement tout leur est permis jusqu’à l’âge adulte. Par contre, les vieillards et les malades ne bénéficient d’aucune commisération. Les âmes des morts rejoignent le Po sauf quand elles viennent hanter les vivants sous forme d’oromatua ou qu’elles accèdent au paradis des riches et des ‘arioi, le rohutu-noanoa. L’accès à une vie future meilleure ne dépend donc pas d’une conduite morale. La tradition, les sentiments et les tabous remplacent la morale. La vengeance ou la réparation sont souvent la seule punition à des actes de violence ou de vol.

L’insouciance

L’insouciance des maohis a frappé les premiers explorateurs. Les tahitiens ne semblent pas se soucier fort de la richesse, du travail, de la discipline... Ils changent également souvent d’attitude, d’état d’esprit, de désirs, de femmes et même de noms. Les valeurs tahitiennes diffèrent des valeurs occidentales. Les moeurs sont un mélange de laisser-vivre et de règles strictes.

Courage et ruse

Si les maohis peuvent être capables de grands exploits physiques, ils peuvent également tomber dans des périodes de paresse et d’indolence dont rien ne peut les tirer, le fiu. La ruse est d’ailleurs beaucoup plus considérée que le courage ou la vaillance. La moquerie est d’ailleurs une seconde nature pour beaucoup de tahitiens et les exploits des farceurs constituent des sujets de légendes.

En guise d’illustration du tempérament tahitien, voici un petit extrait du chant de création de l’homme:

“ ... Lorsque les humains se multiplièrent, les troubles commencèrent; les troubles firent naître la sagesse ; la sagesse fit naître la ruse ; la ruse fit naître la raillerie... ”

La Sexualite

Une grande liberté sexuelle caractérise la vie des tahitiens. Le sexe est une chose naturelle et la séduction fait partie du quotidien. Le dieu de la beauté, Tane, n’est-il un des dieux les plus importants de Tahiti. Cependant, une fois marié, la jalousie peut être un frein à la débauche. Chez les ari'i, les hommes peuvent avoir plusieurs femmes, mais les vahine ari’i sont astreintes à plus de tenue. L’homosexualité et la bisexualité sont courantes et certains hommes prennent le statut de femmes dans la société.

Les occupations

Les maohis se distinguent entre eux par la profession qu’ils exercent. Certaines professions sont réservées à certaines classes (prêtre, généalogue, pilote…), d’autres sont ouvertes à tous (artisan, ‘arioi…), il est nécessaire d’être doté d’un mana suffisant. Beaucoup de maohis, cependant, n’ont pas d’occupation fixe : un jour il cultive, un jour il pêche dans le lagon, un jour il flâne… Pour les besoins du jeu, ces maohis seront classés dans l’occupation la plus fréquente.

Voici une liste des différentes occupations, elle n’est pas exhaustive !

Les pêcheurs sont des pêcheurs spécialisés dans la haute mer. Ils forment une confrérie très soudée dirigée par le Tahu’a Tau Tai

Les paysans

Les valets sont au service des ari’i

Les Opu-Nui sont des serviteurs du Marae, on les choisit pour la couleur foncée de leur peau. Ils ne peuvent servir aux sacrifices humains car ils sont consacrés à la déesse Hine.

Les Tahu'a sont les artisans spécialisés. Ils possèdent un certain prestige et leurs capacités dénotent d'un certain mana.

Les Tahu'a Parau Tomu Fenua sont des sages qui enseignent la tradition dans des écoles.

Les Tahu'a Ra'au sont des médecins

Les Tahu'a Marae dirigent la construction des temples: les Marae.

Les Tahu'a Fare dirigent la construction des maisons, les Fare.

Les Tahu'a Va'a sont des constructeurs de pirogues. Ce sont les artisans les plus prestigieux à Tahiti.

Les Tahu'a Tau-Tai dirigent les pêches. Ils déterminent les dates des pêches et font office de prêtres pour les esprits et les dieux qui menacent ou protègent les pêcheurs.

Les sculpteurs fabriquent les objets usuels de la vie des tahitiens. Ils façonnent également les Ti'i en bois ou en pierre qui sont des signes religieux, des amulettes ou des vecteurs de sorcellerie.

Les orneurs de Tapa font la décoration des tapa sacrés destinés aux statues des dieux, Ari'i et aux Tahu'a Pure.

Les tatoueurs ont beaucoup de prestige. Les motifs et la technique sont des secrets bien gardés et les bons tatoueurs sont très demandés, ils leur arrivent de se déplacer d'île en île pour réaliser leur art. Les tatouages sont signes de noblesse et renferment un sens profond et sacré. Les Arioi sont également tatoués, mais ils sont différents des tatouages des Ari'i.

Les Orou ou Feia Tahu-tahu sont les personnes les plus craintes à Tahiti. Ils ont à leur service des esprits qu'ils dominent, non sans risque, et qu'ils peuvent faire agir sur leurs victimes. Les Orou attachés à un Marae sont officiels et font le même travail que des prêtres, mais pour des esprits et des divinités inférieures. Ils sont des sortes de chamanes, craints et respectés. Par contre, les Orou indépendants sont en général d'infâmes sorciers profitant de leur position et de leur art.

Les Arioi sont des baladins organisés dans une confrérie qui véhicule le culte du dieu 'Oro, dieu de la guerre. Ils se rendent d'îles en îles pour faire des représentations et bénir les récoltes. Leur liberté sexuelle est totale, mais ils n'ont pas le droit d'avoir d'enfants. Les personnages issus de famille Arioi viennent donc d'Arioi un peu particuliers. Les Arioi Fanau Nau ont quitté la secte pour avoir des enfants, mais ils sont déshonorés. Les Arioi Papa-tea ne sont pas des baladins, ils organisent la venue des Arioi dans un district. Ils précèdent l'arrivée des Arioi pour les annoncer afin que les locaux puissent fabriquer du tapa (le tissu) et garder assez de cochons pour l'offrir aux sectateurs.

Les 'orero sont les porte-parole des Ari'i et sont spécialistes en généalogie. Ils sont chargés de déclamer la descendance de l'Ari'i auquel ils sont attachés et de prouver sa supériorité à ses interlocuteurs.

Les Rau-Ti sont des orateurs. Ils sont spécialisés dans les arts de la parole. Ce sont aussi des guerriers qui, lors des conflits armés, sont habillés de feuilles de Ti et ont pour rôle d'exciter l'adversaire.

Les Fa’atere dirigent les bateaux (va’a), ils sont des maîtres en navigation et en astronomie.

Les guerriers (Toa) participent aux nombreux conflits qui opposent les royaumes et chefferies. Leur armement dépend de leur caste. Les ari'i possèdent des lances longues et des massues alors que les manahune se spécialisent dans la fronde.
Les Tahu'a Pure sont les prêtres. Ils sont chargés d'empêcher la colère des dieux et d’interagir avec le sacré qui est nuisible aux hommes normaux. Les Tahu'a Rahi dirigent les Tahu'a Pure.

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Published by Arii Stef - dans Légendes Tahitiennes
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commentaires

doctoral dissertation 16/10/2009 14:13


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Arii Stef 16/10/2009 18:08


Thanks...


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