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1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 15:34

Cet article pour Légendes Tahitiennes s'attache à la desciption de la religion des tahitiens des temps anciens.
Pour la première fois de sa vie, Paraita assistait à une cérémonie sur le marae. Avec les autres ari’i de sa chefferie, il entra sur l’esplanade. Une pierre dressée indiquait la place de chacun d’entre eux sur le temple en plein air. Le silence était le plus complet. Les prêtres, les Tahu’a pure, se tenaient entre les chefs et l’autel à trois étages (l’ahu) où se trouvaient les statuettes qu’allaient bientôt investir les dieux. Ils portaient un morceau de tapa autour du bras indiquant qu’ils étaient en service. Sur le mur d’enceinte du marae étaient assis les hommes trop communs pour être acceptés sur le marae. Tous se taisaient de peur de briser le tabou du silence imposé par une telle cérémonie de convocation des dieux. Violer le tabou reviendrait à se condamner à mort: tous se jetteraient sur le contrevenant afin de le sacrifier pour calmer le courroux du dieu ainsi offensé. Le roulement des tambours sacrés indiquait le début de la cérémonie. Après quelques prières au dieu du lapsus et aux messagers des dieux, le grand prêtre conjura Ro’o pour qu’il investisse l’idole présente sur l’ahu. Un vent souffla sur la cime des arbres sacrés du marae et les nuages bougèrent: Ro’o venait et entendait le prêtre. Ensuite, on étrangla un cochon qui fut offert au dieu. Les prêtres et les shamanes se succédèrent devant l'autel pour présenter les statues des dieux inférieurs afin qu’elles acquièrent une parcelle de la puissance de Ro’o. Le grand prêtre expulsa ensuite le dieu de sa statuette et les prêtres se précipitèrent vers les entrailles du cochon alors que le tambour grondait pour annoncer la fin de la cérémonie. Les entrailles se présentaient bien, le dieu serait favorable à la chefferie.

Ce chapitre se propose de vous faire découvrir la religion tahitienne. La religion est omniprésente dans la vie des tahitiens. C'est une religion à la fois polythéiste et chamanique. Elle est polythéiste car les tahitiens croient en une multitude de dieux. Elle est également chamanique car pour les tahitiens le monde est peuplé d’esprits. Elle se caractérise aussi par le notion de sacré et de profane et de danger du sacré. Le culte et les tabous (tapu) servent notamment à maintenir cette séparation. Vous allez donc découvrir dans ces pages les dieux et les cultes que les personnages côtoieront.

LES DIEUX

Pour les Maohis, les dieux ne sont pas des personnifications des éléments naturels. Ils ont chacun une personnalité propre. Contrairement aux dieux grecs ou romains, leur champ d'action n'est pas limité à un seul type d'élément ou de fonction, de nombreux dieux disposent d'innombrables attributs. Le culte qu'il leur est voué vise à contenir leur colère et à séparer le divin du profane pour le bien des choses profanes. Les dieux ne sont en aucun cas des puissances morales: elles ne demandent pas aux hommes de se comporter selon une certaine éthique. Les Dieux peuvent eux-mêmes se comporter de façon totalement amorale. Ils attendent cependant de leurs descendants, les chefs, d'agir en "bons seigneurs" et d'être justes. Mais enfreindre cette attente n'est généralement pas préjudiciable aux chefs.

Dans l'archipel maohi, cinq dieux surpassent tous les autres en prestige. Il s'agit de 'oro, Ta'aroa, Tane, Ro'o et Tu. Il existe beaucoup d'autres dieux. Localement (dans une île ou un mataiena'a), il est possible qu'une importance particulière soit attribuée à d'autres dieux pour des raisons généalogiques ou légendaires.

A côté de ces Dieux, de nombreux dieux mineurs, locaux ou ancestraux sont vénérés. Ils sont l'objet de cultes parallèles aux grands Dieux ou dans des cercles particuliers (pêcheurs, familles...). Certains sont connus dans presque toute le monde polynésien comme Hiro, dieu de la pêche et des voleurs, ou Hina, déesse des femmes et de la lune.

Les dieux sont également connus sous de nombreux aspects que parfois les plébéiens prennent pour autant de dieux différents. Par exemple, on différencie les manifestations de ´oro le noble, de ´oro au combat ou de ´oro le cochon révélant des secrets. Ces différents aspects se manifestent dans des animaux ou des plantes différentes mais restent un seul et même dieu.

Les dieux résident dans les dix cieux, la terre, l’océan ou le monde souterrain du Po. Ils visitent la Terre en volant, en utilisant des passages naturels, en empruntant des arcs-en-ciel (anuanua) ou en s’incarnant dans des plantes et des animaux.

TA'AROA

appelé Tangaroa aux Paumotu

Ta´aroa (tahitien: l’unique) est le dieu créateur de la terre et de l´homme. Ta’aroa existe depuis toujours. A l’origine, il vivait dans une coquille. Il finit par la briser et se rendant compte qu’il était seul, il créa le monde, les dieux et les hommes.

Il créa la fondation du monde et avec l’aide d’autres dieux et de Maui, il sépara la Terre du Ciel. La végétation est née de ses plumes tombées à terre.

Il est également le père de ´oro et de Maui, le demi-dieu farceur.

Son image sacrée (to’o) est généralement creuse. Ses to’o disposent d’une fente dans le dos dans laquelle on place des plumes sacrées et les images des dieux nés de Ta’aroa. Son to’o représente parfois les autres dieux germinant de Ta’aroa.

Les animaux emblèmes du grand dieu se comptent par dizaines: la frégate, la baleine, la raie (le marae flottant de Ta’aroa), le requin ou la tortue font partie de ces animaux qui servent de messagers de Ta'aroa ou dans lesquels le grand dieu aime à s'incarner.

Aux Paumotu, Ta’aroa s’appelle Tangaroa-i-te-po. Il est le dieu des ténèbres et de la mort. En effet, il règne sur le po, le royaume souterrain des morts. Il y fut rejeté par trois héros humains après la tentative du dieu de brûler le monde.

Historiquement, Tangaroa devait à l'origine être un dieu de la mer et de la pêche. A partir de Havai’i (Raiatea), son culte s'est répandu dans toutes les îles où il a pris le rang de dieu suprême avant l'avènement de 'oro.

TANE

Tane (Tahitien: homme) est le Dieu du beau, de la lumière et tout ce qui est au ciel. Il réside dans le dixième ciel, où il a la garde de l’eau des dieux, le Vai-ora-a-Tane.

Tane est un fils de Atea, le dieu de l’espace. Il est né sans forme et ce sont des dieux - artisans qui le façonnèrent avec leurs outils de la manière la plus parfaite. Ces artisans ne touchèrent jamais Tane de leurs mains car il était empli du ra’a de Atea.

Sa forme est celle d’un humain et il fut d’ailleurs le premier dieu à avoir des cheveux (les autres avaient des plumes).

Les dieux Ta’ere et Tumu-nui menèrent une guerre contre Tane et les hommes. Tane, fou de rage, faillit détruire les hommes. Mais, grâce à Ro’o, son messager, il put rétablir la paix.

Tane est également appelé le dieu siffleur car il respire lourdement.

Ses animaux de prédilection sont l’hirondelle de mer (il en a toujours une sur l’épaule), les oiseaux à plumes rouges (des oiseaux rouges vivent sur le vai-ora-a-Tane), les anguilles à oreilles et le requin.

Aux Paumotu, Tane mena une guerre contre Atea. Exilé chez les hommes, il apprit à manger. De retour dans son ciel, il ne trouva rien à manger, alors il mangea d’autres dieux et inventa ainsi le cannibalisme.

Historiquement, avant l'avènement de Ta'aroa, Tane était considéré dans de nombreux archipels comme le plus grand des dieux. Il était le dieu créateur, l'homme ayant été façonné de sa propre main. Il est resté ce dieu suprême à Aotearoa et à Te Henua Enata.

TU

Tu (Tahitien: stabilité) est un dieu de la guerre. Il est également l'artisan de Ta'aroa. Il fut créé par Ta’aroa pour devenir sa main. Il a assisté le grand dieu dans la création de l'univers et son aide a été déterminante dans la création de l’homme.

Tu protège les fuyards.

Les animaux de prédilection de Tu sont les grillons, les papillons et les grosses araignées.

Tu est le dieu le plus vénéré aux Paumotu.

RO'O

Appelé Rongo aux Paumotu

Ro'o est un dieu bienveillant qui déteste les sacrifices humains. C'est un dieu de l'agriculture, de la paix et de l'éloquence. Il est le sage, le messager, le gardien des traditions. Il est souvent associé à Tane comme son messager, sa voix.

Ro’o est né dans un nuage doré et aime à se déplacer par ce moyen.

‘ORO

Paumotu: Koro

Le culte de ‘oro est apparu dans l'île de Havai’i à Opoa. ‘oro est le fils de Ta'aroa et de Hina-tu-a-tua. C'est un dieu de la guerre très demandeur en sacrifices humains et un dieu de la fertilité. La secte Arioi est un cadeau de ‘oro à ses frères et se trouve donc sous sa protection. Sa puissance est telle qu'il est le dieu suprême de tout l’archipel maohi à l'arrivée des européens.

Ses animaux de prédilection sont la frégate, le cochon sauvage et les oiseaux à plumes rouges.

Historiquement, on ne sait si c'est la perte des contacts avec les autres archipels qui a limité l'extension de son culte ou si c'est l'hostilité qu'il a rencontrée dans les autres archipels qui a coupé les contacts entre les différentes régions du triangle polynésien.

AUTRES DIEUX IMPORTANTS

Hiro: dieu de la navigation et de la pêche dans la plupart des îles, vénéré par les pêcheurs, les marchands, les voleurs et les navigateurs. Un héros du nom de Hiro serait un personnage historique du XIIIème de nos siècles, un grand navigateur espiègle.

Hine (ou Hina): déesse de la lune et des femmes, symbolise la beauté, elle est la protectrice des serviteurs de marae, les Opu-Nui.

Romi-Tane, dieu du paradis, le rohutu noanoa.

Tino-rua est le dieu de l’océan. Il a deux corps joints. Un est divin, l’autre est humain.

Atea est le dieu de l’espace. Né femme, il échangea de sexe avec Faahotu.

Ra´a, dieu de la sainteté, de la gloire, de la grandeur et de la colère. Il préside les cérémonies des Hommes. Le vent destructeur est le signe de sa colère.

To´a-Hiti, dieu des montagnes et des lutins, dieu de l’intérieur de Tahiti. Les chiens sont ses messagers.

Ro’o-te-roro’o, le prieur chanteur, est un dieu de la prière, de la transe et de la guérison.

Io (ou Kio): Chez les Tahu’a de haut rang, on vénère un dieu secret et connu des seuls Tahu’a, Io, le dieu suprême et unique dont les autres dieux ne seraient que des facettes. L'existence de ce dieu n'est pas prouvé, il aurait pu être inventé après la christianisation des îles pour donner une apparence de monothéisme à la religion ancienne. Au Maître des Légendes de décider de l'existence de son culte ou non.

LES MYTHES

Les mythes tahitiens sont très riches et il en existe de nombreuses versions. Ils sont transmis oralement de générations en générations.

L’origine du monde

Ta'aroa est à l’origine de tout. La coquille de son oeuf constitue la terre et le ciel. Ses plumes tombés à terre ont créé la végétation. Sa main est le dieu Tu qui participa au façonnement du monde. Les nombreux dieux sont nés par germination de Ta’aroa ou sont ses descendants directs.

La séparation du ciel et de la terre

Le grand problème des dieux fut de séparer le ciel (Atea) de la Terre. La majesté et le mana d’Atea effrayait les dieux. Il fallut l’intervention de Maui à huit têtes le héros farceur pour parvenir à couper ce lien et celle de Tane pour consolider cette séparation et organiser les cieux.

La vision du monde

Le monde pour les maohis est composé du monde terrestre, du monde sous-marin, du monde des ténèbres (le po) et de 10 cieux superposés. Les dieux principaux résident la plupart dans le dixième ciel, mais certains élisent domicile dans le monde sous marin, le po ou les autres cieux.

L’origine des îles

C’est Ta’aroa qui a ordonné aux îles de surgir de la mer. Havai’i et Pora Pora furent les deux premières à naitre, puis vinrent toutes les autres : ‘uporu, Maupiti, les Paumotu, Ma’areva.... Tahiti a une origine particulière, puisqu’elle est une anguille possédée par l’esprit de la vahine Tere He dont la course fut arrêtée au milieu de l’océan par Ta’i-a rapu.

L’origine de l’homme

Le premier homme Ti’i fut créé par Ta’aroa à l’image de Tane pour peupler la Terre qu’il trouvait trop peu vivante. Ti’i reçut pour femme Hina dont il eut une très nombreuse descendance. Certains de ses descendants s’accouplèrent avec des dieux et devinrent ainsi les ancêtres des Ari’i. Les autres se marièrent entre eux et créérent les Manahune.

La mort

En ce qui concerne les mythes sur la mort, l’âme du corps doit être par certains rites obligée de quitter la terre. En général, elle fait un périple sur la terre pour atteindre un lieu de rassemblement avant de partir pour le pays des morts ou des dieux. Les mythes sont encore très divers et ne s’intéressent souvent qu’au sort (joyeux) des ari’i. Le pays des morts se situe dans le Po (les entrailles de la terre). Le paradis tahitien, le Rohutu-noanoa, n’est accessible aux défunts que si leur famille offre de somptueux présents au dieu Romi-Tane. Il est donc réservé aux ari’i et aux arioi de haut rang.

Les héros

De nombreux mythes font état de héros légendaires, des demi-dieux. Ces héros n’ont généralement pas de culte qui leur est consacré, mais leur légende est maintes et maintes fois répétée. Ils sont des exemples auxquels on se réfèrent. Voici quelques héros célèbres : Maui aux huit têtes qui sépara le ciel et la terre, Hiro le rusé navigateur et voleur, Hono’ura élevé dans une grotte et Rata l’explorateur.

LE CULTE

Les affaires religieuses sont séparées de la gestion "civile". Le but du culte est d'éviter la colère des dieux en respectant à la lettre les rituels et les tabous qu'ils ont mis en place. Le contact entre le sacré (ra'a) et le profane (noa) est très dangereux, c'est pourquoi de nombreux tabous entourent les cérémonies religieuses.

De nombreuses cérémonies dirigées par les tahu’a pure assistées des opu-nui, ont lieu sur les marae. La plus importante est la cérémonie de convocation des dieux. Lors de la cérémonie, les dieux sont invoqués par les tahu’a dans les to’o, des statues habillées de plumes jaunes et rouges à l’effigie des dieux. La statue n’est pas le dieu, elle est son réceptacle durant la cérémonie. Une fois le dieu présent dans le to’o, des sacrifices lui sont présentés et des requêtes lui sont faites. Ensuite, la cérémonie prend fin quand le tahu’a congédie le dieu.

Cette cérémonie est précédée d'une période de trois jours durant laquelle de nombreux tabous et obligations sont décrétés. Un silence absolu doit être respecté, même par les animaux dont les propriétaires sont tenus responsables des troubles qu’ils pourraient causer (ils peuvent même être sacrifiés).

Il existe également d’autres types de cérémonies, comme la présentation des dieux (les to’o arrivent par pirogue et sont conduits jusqu’au marae), les différentes étapes de la vie d’un ari’i régnant (puberté, mariage, mort etc...), les prémisces d’une guerre, les saisons, etc... En général, ces cérémonies sont accompagnées de sacrifices ou d’offrandes: il peut s’agir uniquement de végétaux (la première igname, feuilles de bananier...), mais les cochons et les hommes sont également l’objet de sacrifices.

Lorsqu’un sacrifice humain est nécessaire, le tahu’a rahi en informe l’ari’i régnant. Celui-ci envoie alors une pierre noire au chef d’un district qui désigne un homme à ses guerriers. Ceux-ci tuent l’homme par surprise d’un coup de massue sur la tête. Ceux qui sont sacrifiés sont en général des prisonniers de guerre, des criminels, des gêneurs ou des gens qui ont enfreint des tabous. Le son des tambours retentit dans toute la vallée à l’approche de telles cérémonies, prévenant ainsi ceux qui se sentent menacés et leur permettant parfois de trouver un refuge.

Les marae se présentent, pour les plus grands, comme de grandes esplanades en pierre, parfois à plusieurs niveaux, qui sont entourées d’une enceinte. Les marae familiaux ne sont en général qu’un tas de pierre ou un petit dallage. L’ahu est un autel de un ou plusieurs niveaux. Sur l’ahu sont déposés les statues des dieux pendant les cérémonies. Une plateforme surélevée en bois accueille les offrandes.

Les marae sont des endroits sacrés soumis à de nombreux tabous. Seuls les ari’i sont autorisés à assister aux cérémonies. Des dossiers en pierre marquent l’emplacement de chacun dans le marae. Les femmes, impures, sont interdites sur le marae et sont également indignes d’être sacrifiées.

La plupart des plantes et des animaux qui vivent dans l’enceinte du marae sont considérés comme tabous et leur consommation est interdite, sauf pour les prêtres et leurs assistants. Parmi ces animaux et ces plantes sacrés, l’arbre Ti est particulièrement entouré de respect et ses feuilles servent pour la plupart des cérémonies. Cette règle est également vraie pour les hommes qui se réfugient dans les marae et qui, ainsi, ne peuvent pas être poursuivis. Dans la même logique, les sacrifices humains se font dans la manière du possible sans effusion de sang et la mort est donnée à l’extérieur du marae, par surprise.

Les marae comme les hommes ont des filiations, la première pierre d’un marae vient d’un autre marae, son marae père. Ainsi, il existe une hiérarchie de marae du plus prestigieux jusqu’aux marae de familles de manahune. Le Marae le plus prestigieux est celui de Taputapu-atea près du village d’Opoa à Havai’i; il est consacré à ‘oro.

Les cérémonies religieuses ne s'arrêtent pas à ces grandes cérémonies qui mobilisent toute la communauté. Les prêtres et aussi les orou, pour tout acte important doivent accomplir une bénédiction accompagnée d'un sacrifice. Les orou sont requis pour des usages privés, des bénédictions mineures, la divination, la magie et la guérison. Les sorciers sont des orou particulièrement rompus dans l'art de faire du mal. Chaque catégorie sociale connait un certain nombre de prières dans leur activité. Ainsi les chefs connaissent la façon de bénir une arme, d'honorer les ancêtres, les pêcheurs celle de bénir les hameçons. Toute erreur dans la prière, tout lapsus, toute hésitation peut entraîner des conséquences catastrophiques dont la mort. Ces prières sont appelées 'upu.

Les dieux envoient de nombreux signes dans la nature et les tahu’a ont également pour rôle de déterminer les présages. De nombreuses cérémonies ont pour but de s’assurer de l’accord des dieux et de la destinée probable d’une action: guerre, construction ou expédition.

LES ESPRITS

Chaque plante, chaque être, chaque chose est pour le maohi animé d'une force vitale, d'un esprit. Le monde est donc peuplé d'esprits de toute sorte: les esprits sont des personnifications de forces de la nature, des êtres qui vivent dans le monde des dieux (po, rohutu-noa et dans un des ciels) ou encore l'esprit des morts.

Parmi tous ces esprits, les maohis distinguent deux grands types d´esprits: les ´oromatua et les varua. Les ´oromatua sont les âmes des morts n’ayant pas rejoint le Po ou revenant de cette contrée des ténèbres pour se venger et semer le mal. Ils sont très craints. Les varua vivent dans le monde des vivants (ou des dieux) et sont attachés à certains types d´animaux, de végétaux, de minéraux ou à des lieux.

Une grande partie de la magie tahitienne consiste à faire entrer des esprits dans le corps d'une victime par des enchantements appelés pifao.

Les sorciers, appelés feia tahutahu ou orou, utilisent des ti´i, des amulettes représentant Ti´i, le premier homme, comme les tahu´a pure utilisent des to´o. Le ti'i est un réceptacle pour un esprit. Les orou prennent grand soin de leur ti´i. Ils leur lient certains esprits qui deviennent les fils du sorcier. Ils communiquent avec eux par l´intermédiaire d´un coquillage.

Les sorciers ont grand peur de leur ti´i et font très attention de ne jamais les offenser.

Pour réaliser un pifao ( enchantement ), il faut que le sorcier se procure un tupu, un objet contenant l´essence de sa victime. Cela peut être des cheveux, des excréments, un vêtement, des ongles. Ils exhortent alors les esprits qu’ils ont conjurés dans leur ti´i à détruire la victime.

Certains esprits se dirigent alors vers leur victime en marchant sous la forme de leur ti´i, ils sont alors visibles. D´autres passent par le sol et sont alors invisibles.

Certains sorciers sont attachés à un marae et peuvent réaliser des exorcismes. Il faut d’abord que le sorcier ou le médecin apprenne de l’esprit son nom et son type pour ensuite incanter les bonnes formules. Certains esprits, comme les esprits du corail, font énormément de mal à leur victime en se retirant.

Il existe quatre catégories d’esprits. Les voici des moins meurtriers au plus destructeurs:

- les esprits du bois: les esprits du bois sont des varua des éléments végétaux et des animaux des bois.

- les esprits de la pierre: les esprits de la pierre sont des varua des éléments minéraux et de lieux à l’intérieur des terres.

- les esprits du corail: les esprits du corail sont des varua du corail, des animaux marins, des récifs et de la mer.

- les ‘oromatua: dans cette catégorie viennent les ‘oromatua à proprement parler qui sont des esprits de défunts n’étant pas allé dans le po, les ancêtres et les aiea, les fantômes maritimes.

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Published by Arii Stef - dans Légendes Tahitiennes
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